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Tirewa : entre héritage et modernité 

Tirewa est née d'un accident heureux.

En 2020, pendant le Covid, ma mère installée en Côte d'Ivoire m'apprend que des artisans maroquiniers se retrouvent avec leur marchandise sur les bras, sans pouvoir vendre. Je lui dis: "Envoie-moi quelques pièces, je vais essayer de les écouler ici en France."Ça a marché. Immédiatement.

Je n'avais pas prévu de créer une marque. Je voulais juste aider.

Mais ce succès m'a révélé quelque chose que je n'avais pas vu, alors que j'en faisais moi-même partie: les femmes africaines en Europe et moi la première on banalisait nos propres tissus. On les gardait pour les mariages, les événements. Jamais pour le quotidien. Comme si la beauté de ce que nos mères portaient n'avait pas sa place dans nos rues.

Et les femmes européennes, elles, avaient peur de les porter  de passer pour ce qu'elles n'étaient pas. C'est là que j'ai compris ce que je voulais faire.

Tirewa, c'est l'idée que le tissu africain peut venir compléter n'importe quelle tenue  sans que tu aies l'air déguisée, sans que tu te sentes illégitime. Pas de l'appropriation. De l'appréciation. La nuance est immense.

J'ai alors commencé à dessiner mes propres modèles : des silhouettes contemporaines, européennes dans leur coupe, ivoiriennes dans leur âme. Des sacs adaptés aux quatre saisons, aux rues de Paris comme aux marchés d'Abidjan.

Derrière chaque pièce, il y a des mains. Des artisans en Côte d'Ivoire que je rémunère à leur juste valeur pas parce que c'est tendance de le dire, mais parce que pour moi c'est non négociable. Ce n'est pas toujours simple. Certains ne jouent pas le jeu sur les finitions. Mais je continue, parce que derrière chaque sac il y a une famille qui mange. C'est ça aussi, Tirewa.

La marque porte le prénom de ma grand-mère. Tirewa. Née en 1923, décédée en 1993 et je ne l'ai presque pas connue. Mais c'est elle la première Tirewa : commerçante, battante, mère de nombreux enfants. Son énergie guide chaque création.

En langue Abron, Tirewa signifie "Grande".

C'est ce à quoi j'aspire pour la marque, pour les artisans, et pour chaque femme qui porte une de nos pièces.

Grassuella, fondatrice